Passer du blanc au vert, des pistes de ski à l’alpage

Passer du blanc au vert, des pistes de ski à l’alpage - Alpes ski résa
Mercredi 4 Avril

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Alors que la saison de ski s’achève, que deviennent les pistes quand il n’y a plus de neige ? Que font les exploitants des domaines skiables pour les alpages ?


Alpes Ski Resa est allé chercher la réponse auprès de Frédéric Marion. Basé à Samoëns, de culture rurale, ce féru d’environnement montagnard est directeur de projets internationaux pour la montagne pour la Compagnie des Alpes. Mais Frédéric est surtout un puit de science. Passionné par l’écosystème, il est à l’initiative de l’observatoire environnemental de Flaine, station du Grand Massif, un modèle qui se duplique sur les sites de la Compagnie des Alpes.

Réserve naturelle de CarlaveyronLes exploitants de domaines skiables ne sont pas que des industriels du ski qui ne travaillent que l’hiver, « nous avons des liens et faisons beaucoup pour les alpages », nous informe Frédéric Marion. A Flaine, station dont il fut le directeur, il a pris en compte l’activité d’alpagiste dans l’aménagement et la gestion de domaine skiable.

« Beaucoup de terrains qu’on exploite pour les pistes de ski sont utilisés par les alpagistes. C’est utilitariste car il faut bien se rendre compte qu’il vaut mieux qu’il y ait des alpagistes qui entretiennent nos pistes plutôt que de payer des débroussaillages mécaniques ce qui, outre le coût important, pollue plus que des troupeaux paissant sur les alpages ! »

Il faut aussi savoir que la forêt gagne du terrain en montagne, « ce serait une belle forêt d’épicéas ou de mélèzes qui progresse, passe encore, mais un terrain envahi par les broussailles que sont les vernes et les arcosses qui prolifèrent, c’est laid. Il y a une nécessité d’entretien ».

Notez que Flaine, station pilote du développement soutenable, forte de son observatoire environnemental qui compte une branche forêt et une branche agriculture, a par exemple revégétalisé 28.75 hectares avec 1500 tonnes de compost, 3 tonnes d’engrais minéral et 2,37 tonnes de mélange de semences spécifiquement adaptées aux terrains de montagne en 2015. Lors de la création de nouvelles pistes, la station des Saisies en a profité pour réhabiliter certains alpages à l’abandon. Car cet alpage, il devient vital.

 

L’alpage, un trésor vital

Du fait de la pression foncière sur les terres du bas et dans les stations, l’agriculture est très fragilisée et, aux dires de Frédéric Marion, l’alpage représenterait désormais 80 % de la surface agricole utile en Haute-Savoie. « Les alpages sont donc la seule respiration des agriculteurs. S’ils n’ont pas les alpages l’été qui leur permettent d’éloigner leurs bêtes et de garder les rares terres qu’ils ont en bas pour faire le foin, ils sont obligés d’acheter du foin ou d’avoir recours à des compléments alimentaires et en plus ils ne savent pas où mettre leurs troupeaux ». L’alpage est un véritable enjeu pour l’agriculture et il faut en faire cas. La culture rurale est une richesse pour les station-villages, un formidable atout qui les différencie des stations industrielles, sans parler de l’attractivité pour le tourisme du terroir et du patrimoine. Il faut donc aider les paysans.

 

Passer de l’incantatoire à la réalité : les bonnes initiatives

Si l’alpage n’était pas assez pris en compte dans l’aménagement des domaines skiables, aujourd’hui des liens ont été tissés avec les alpagistes pour travailler en bonne intelligence. Il suffit parfois de peu de chose pour faciliter la vie des alpagistes. En voici quelques exemples :

Gentianes pourpres

- Des chemins d’exploitations retravaillés pour desservir les zones où ils ont leurs bêtes afin qu’ils puissent monter l’eau.

- Les passages canadiens, ces petites fosses avec des rouleaux métalliques, posés en travers de la route, évitent que les animaux à sabots ne les franchissent.

- Aménager les réseaux en eau pour la neige de culture de façon à ce qu’ils servent en été, l’eau en montagne étant un enjeu fort.

- Faire en sorte que les alpagistes puissent avoir une alimentation électrique dans les gares de remontées mécaniques.

- Donner l’accès des postes de secours des pisteurs aux bergers.

- Prévoir le timing des campagnes d’entretien des remontées mécaniques en fonction de l’activité des alpagistes…

 

Quand vous vous promènerez cet été, vous regarderez les alpages d’un œil différent !

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