Un métier sous haute tension : Directeur du domaine skiable Méribel Alpina

2020-11-18

Ingénieur en mathématiques, François Debroux, a exercé dans cette branche à l’autre bout du monde 2 années durant, mais l’appel des montagnes a été le plus fort pour cet ex-compétiteur de ski, moniteur et pisteur secouriste. Il s’est naturellement orienté vers l’exploitation des domaines skiables.

D’abord en tant que responsable qualité à Valloire en 2002, puis en tant qu’adjoint au directeur d’exploitation à Tignes au sein de la Compagnie des Alpes. Il est ensuite reparti à Valloire comme directeur de site et est arrivé en octobre 2011 à Méribel Alpina dont le parc comprend 28 remontées mécaniques pour un débit horaire total de 42 883 skieurs. L’agenda de François, 42 ans, est bien rempli, il a néanmoins trouvé le temps de témoigner sur son métier de directeur du domaine skiable pour Alpes Ski Resa. Interview.

 

François DebrouxAlpes Ski Resa : Combien de personnes sont sous votre responsabilité ?

François Debroux : On est 220 salariés dans l’entreprise en saison, 180 sont sous mon giron et dépendent des services d’exploitation. Je ne suis qu’un des maillons de notre comité de direction qui se compose d’un directeur général qui chapeaute le tout, d’une directrice RH, d’un directeur commercial & marketing, d’un directeur administratif & financier et de moi-même, directeur domaine skiable, grosso modo directeur des opérations.

 

Quels sont les temps forts de la vie d’un directeur d’exploitation ?

La sortie des vacances de la Toussaint début novembre jusqu’à mi-décembre est de loin la période la plus stressante puisqu’on est à la croisée des chemins entre la fin des travaux qu’on a engagé pendant l’été, la fin des travaux de maintenance qui doivent se terminer et l’entrée dans la saison d’hiver avec l’ensemble des plans de mise en route : préparation de nos pistes, production de neige de culture, embauches et plannings d’ouverture. C’est une période où on est au four et au moulin puisqu’il faut terminer l’été et l’automne et démarrer l’hiver en même temps. Il faut avoir les yeux et les oreilles de partout et comprendre comment on peut organiser les choses afin que tout se passe le mieux possible dans la saison.

 

Une fois rentré dans la saison d’hiver, en quoi consiste votre métier ?

Une fois qu’on a pu embaucher tout le monde, ouvrir nos appareils, nos pistes et qu’on fait skier tout le monde, il y a un vrai travail de suivi d’exploitation afin d’avoir une exploitation saine et sereine. Il faut s’assurer que l’ensemble de nos salariés sont bien au fait de ce qu’on attend d’eux, qu’ils travaillent pour garantir la sécurité des clients mais aussi leur propre sécurité, qu’ils ont bien compris les enjeux de très grande satisfaction clients et de standard qualité de service qu’on met en place dans l’entreprise.

Forcément il y a aussi de la gestion d’aléas qu’on parle de phénomènes météorologiques avec des difficultés liées à des grosses chutes de neige ou de vent fort et de problématique d’ouverture ou de fermeture en cours de journée de liaisons 3 Vallées qui peuvent se transformer en des transports par voie routière pour rapatrier les gens dans leur vallée d’origine. Il y a aussi tous les petits pépins d’exploitation : des appareils qui peuvent subir des arrêts prolongés, des personnes qui peuvent se blesser sur nos remontées mécaniques, même le taux d’accidentologie reste extrêmement faible, ou des gens qui se blessent sur nos pistes dans des circonstances ou dans un contexte qui nécessite de bien comprendre les raisons qui ont menées à ce type d’accident.

 

La responsabilité vous incombe ?

Je suis directeur de l’ensemble des opérations domaine skiable, je supervise donc la partie piste : sécurité des pistes, production de neige de culture, damage. Je supervise aussi la partie remontées mécaniques qu’on parle de l’exploitation ou de la maintenance et je supervise l’ensemble des services techniques de l’entreprise : service électrique, informatique, les équipes de l’atelier et tout ce qui à trait à faire tourner l’entreprise en terme d’opération domaine skiable. Donc effectivement qu’on ait des pépins pistes ou des pépins remontées mécaniques, c’est sous mon périmètre et j’y suis régulièrement confronté.

 

Vous êtes sur tous les terrains !

C’est vrai que l’hiver est très prenant car outre l’exploitation pure, la vie sociale intra-entreprise avec les salariés de l’entreprise, il y a aussi un gros travail relationnel avec l’ensemble des socio-pros de la station pour pouvoir participer et contribuer activement à l’organisation d’événements que ce soit des descentes aux flambeaux ou des événements festifs ou sportifs.

L’autre gros volet de mon métier est de faire vivre l’ensemble des projets de l’entreprise, or ils sont de plus en plus complexes au niveau réglementaire et environnemental mais aussi avec nos partenaires au sein de la station. Il faut bien définir quels sont les attendus du projet, rencontrer beaucoup de monde. Ça prend beaucoup de temps, c’est du travail de back office. C’est un travail moins visible qui ne s’arrête jamais d’autant que les projets ne manquent pas puisqu’un programme d’investissement de 54 millions d’euros sur les 10 prochaines années a été signé avec la collectivité, soit plus de 5 millions d’euros d’investissements moyen par an. On parle de 84 millions à l’horizon 2034 ! Des sommes importantes qui nous assureront de rester l’un des domaines les plus performants au monde.

 Pistes

Est-ce que vous soufflez à un moment de l’année ?

Quand on arrive à avoir des projets sur les rails, que la saison est bien avancée et qu’arrive fin mars début avril, je lève un peu les yeux et je me dis que je suis content d’avoir la vie que j’ai parce que de début novembre à fin mars, c’est un rythme que je n’arriverais absolument pas à tenir sur 12 mois ! On peut voir la fin de la saison, les jours sont plus longs, on ne part plus de la maison quand il fait nuit et on rentre avant qu’il ne fasse nuit, c’est donc plutôt confortable et ça permet de pouvoir prendre un peu de recul. A la fin du mois d’avril quand on ferme le domaine, il y a une vraie coupure qui est une richesse dans notre métier. On redémarre à la fin du mois de mai avec une saison de travaux, suivent les deux mois d’exploitation de juillet-août, mais c’est une période où j’arrive à plus profiter de la montagne et de la vie car le rythme est moins pris par l’exploitation. De nouveau on arrive en fin d’été et la pression remonte tout doucement en s’acheminant vers la Toussaint et quand arrive la fin des vacances de la toussaint je me dis mais quel métier de fou ! Mais ça fait 15 ans que je le fais, quelque part je dois y trouver du plaisir !

 

Justement qu’est-ce que ce métier vous apporte ?

Les satisfactions, c’est d’avoir 5 mois d’activité très poussée et très enthousiasmante en terme d’adrénaline, c’est de se rendre compte qu’on peut faire skier du monde de surcroît au cœur du plus grand domaine skiable du monde. J’adore travailler à Méribel Alpina parce qu’on est une entreprise à taille humaine avec une vraie proximité. On est une petite société, mais au cœur du plus grand domaine skiable du monde et il y a une vraie fierté d’appartenance. On a d’excellents retours de la part de nos clients en terme de satisfaction et du coup c’en est une aussi pour nous. Ça fait du bien de savoir que nos salariés sont contents de travailler chez nous, ils sont fidèles, il y a peu de turnover. Ça permet aussi de pouvoir profiter du ski dans des 3 Vallées en famille et ça c’est une vraie richesse ! 

 

Merci François Debroux d’avoir pris sur votre emploi du temps pour nous éclairer sur votre passionnant métier !

Crédits Photos : ©Asso 3V

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